Marlowe

 

 

http://prosperologie.org/mrlw/blog/

 

 A la recherche de C. Marlowe

(source http://prosperologie.org/?sit=41)

« Ô combien l’homme qui pense le plus est encore automate ! » s’écriait Diderot dans son Discours sur la poésie dramatique.

Le logiciel Marlowe prend la forme d’un personnage virtuel, ayant accès au langage grâce à des scripts assez compliqués qu’il manie avec un certain talent littéraire, puisqu’on peut le présenter comme un descendant de Raymond Queneau et de George Perec, et nous ramène, de manière indirecte, sur le terrain de la « compréhension automatique du langage naturel », sans qu’il s’agisse pour autant d’engendrer une créature artificielle autonome.

Le choix du mode dialogique, lié aux limites des interfaces graphiques qui se sont imposées sur les ordinateurs, pose, il est vrai, un grand nombre de questions, notamment quant au statut et à la compétence assignés à l’utilisateur, au degré d’ouverture ou de clôture des ressources incorporées par le système, et à la forme de  » publicité  » qui peut être donnée aux interactions entre l’utilisateur et l’instrument. Se pose aussi la question de l’équilibre entre l’utilité ou la valeur intellectuelle ajoutée de ce module et son caractère ludique ou distrayant.

(…)

Le travail informatique sur le logiciel Marlowe, développé à partir d’une double structure de programmation, a débuté en juillet 1999 et s’est intensifié depuis. Sans entrer dans les détails techniques, qui mériteront peut-être, dans 5 ou 10 ans, un ouvrage complet, on peut indiquer que Marlowe devra assumer les missions suivantes :

  • Proposer et rédiger des états ou des rapports, en soulageant en partie le chercheur du choix des points d’appui pertinents dans la description d’un corpus. Bien sûr, le chercheur reste maître du jeu et peut exiger de Marlowe qu’il revoit plusieurs fois sa copie.
  • Compléter la panoplie d’outils déposés dans Prospéro en activant de nouveaux algorithmes prenant pour point de départ l’état des structures déjà calculées.
  • Négocier avec l’utilisateur la mise en place de scénarios d’enquête ou d’investigation permettant de découvrir des angles d’attaques insoupçonnés et de tirer des inférences à partir de faisceaux d’indices ou d’informations hétérogènes collectées dans le corpus. Assurer un retour réflexif et critique sur les opérations de l’utilisateur : faire un point sur ses concepts, notamment sur les catégories, ainsi que sur la composition de son corpus.
  • Porter un répertoire de références intellectuelles, composé de citations, de définitions, de propos sur des disciplines, des courants, des auteurs, en allant jusqu’aux formes de jeu et d’humour – Marlowe étant par exemple capable d’imiter de grands styles rhétoriques.
  • Enfin, rassembler des informations scientifiques et techniques permettant de mettre en commun et de faire circuler des savoirs, des idées et des problèmes.

une créature autonome et purement ludique,(…)

en assumant explicitement les simulacres opérés par nos artefacts cognitifs, on peut construire une juste distance aux objets et, indissociablement, pratiquer une véritable éthique de l’interprétation en travaillant sans relâche la question de savoir où se logent les automates.

Dans un monde informatisé, l’existence d’un assistant de recherche comme Marlowe, conçu pour coopérer avec l’interprète humain en maintenant sa vigilance critique et sa compétence langagière au plus haut niveau, peut être un moyen radical de déjouer les pièges d’une représentation du savoir imposée, de clic en clic, par des agents économiques qui ne se soucient guère des exigences propres de la pensée et de la critique.

Peut-on aider à lutter contre la destruction des médiations que fournissent le travail de la représentation et la création intellectuelle ?

 

Blog du niveau intermédiaire |
correspondance d'un li... |
Their lives are in our hands |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Une voyance par telephone
| La Passerelle Gourmande
| Karedig